Linky: des niveaux d'exposition sur la santé très faibles

Rédigé par Vincent Gaillard | Le 06 mars 2017 à 00:00
Linky ANSES ANFR ERDF électromagnétique

3 millions : c’est le nombre de compteurs communicants Linky déjà installés par ENEDIS (ex-ERDF). Le chiffre devrait atteindre, d’ici 2021, les 35 millions de compteurs Linky déployés dans toute la France. 

Si dans l’ensemble la mise en place du nouveau compteur ne pose aucun problème pour les consommateurs (18 000 installations par jour), une minorité de la population a décidé de créer des collectifs « anti » pour dénoncer, notamment, les effets sur la santé. Cependant, loin de répondre aux interrogations concrètes – et légitimes – des habitants, certains groupes préfèrent aborder la question d’un point de vue idéologique, au risque de fausser le débat public.

Les récentes auditions menées par l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECS) à l’Assemblée nationale, le 23 février dernier, ont permis d’équilibrer un tant soit peu les débats.

Des risques sur la santé non avérés

Les conséquences des ondes électromagnétiques sur la santé cristallisent la polémique. Pourtant, plusieurs rapports récents dépassionnent le sujet.

À commencer par l’Agence nationale des fréquences (l’ANRF) qui a produit une étude complète sur l’impact de ces nouveaux compteurs. Le rapport, rendu public, concluait ainsi : les niveaux d’exposition sont « très en-dessous des valeurs limites réglementaires ». Et d’ajouter : « ces faibles niveaux d’exposition […] confirment que la transmission des signaux CPL utilisés par le Linky ne conduit pas à une augmentation significative du niveau de champ électromagnétique ambiant ». Certes, l’ANRF reconnaît que Linky, comme tout appareil électrique, créé dans son voisinage un champ électromagnétique. Mais ses ondes sont comparables à d’autres équipements domestiques. Mieux, ses ondes seraient même 1500 fois inférieures à… une cafetière électrique ! C’est d’ailleurs ce qu’ont confirmé Gilles Bregant et Olivier Merckel, respectivement Directeur Général de l’ANFr et Chef de l’unité d’évaluation des risques liés aux agents physiques à l’ANSES (L'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail).

Tous deux ont expliqué récemment, devant l’OPECS, que les niveaux d’expositions à ces compteurs communicants sont très faibles, et même « extrêmement faibles » selon Mr Merckel.

L’ANSES avait d’ailleurs communiqué sur le sujet en décembre 2016, en confirmant « une très faible probabilité que l'exposition aux champs électromagnétiques émis (...) puisse engendrer des effets sanitaires à court ou long terme ». Même son de cloche du côté du Centre de recherche et d’information indépendant sur les rayonnements électromagnétiques (Criirem) : « Les lieux proches des systèmes CPL et des compteurs télé-relevés sont exposés à des champs électromagnétiques faibles ».

Autant dire que ces études et évaluations indépendantes contrastent singulièrement avec les prises de parole des collectifs anti-Linky.

Des arguments peu rayonnants chez les anti-Linky

À bien écouter les opposants de ce nouveau dispositif, l’affaire est entendue : Linky est dangereux. Mais lorsqu’on les interroge pour en savoir plus, certains bottent en touche. Leur cible préférée ? le CPL (Courant porteur en ligne). Cette technologie filaire permet de transporter un signal de haute fréquence en le superposant au signal 50hz du courant électrique traditionnellement délivré. Mais les collectifs anti-Linky se gardent bien de rappeler le fait que le CPL est utilisé depuis 50 ans dans le monde entier. C’est le cas d’ENEDIS (ex-ERDF) qui se sert de cette technologie depuis les années 1960 ; l’entreprise française envoie déjà au ballon d'eau chaude de 11 millions de foyers le signal heure pleine/heure creuse afin que celui-ci se déclenche. L’on ne sache pas que cela ait posé problème jusqu’à maintenant…

Qu’à cela ne tienne ; l’association Robin des Toits (« association nationale pour la sécurité sanitaire dans les technologies sans fil ») prétend que la fréquence de 75 kHz est dangereuse. Interrogée par le magasine 60 millions de consommateurs, l’association n’a rien pu prouver. Et pour cause ! Elle était encore en train d’organiser les mesures…

De son côté ENEDIS a fait ses propres relevés. Conclusions ? Le compteur Linky génère 1 Volt par mètre jusqu’à 20 cm du boitier. On ne distinguerait plus rien à partir de 30 cm. Quoiqu’il en soit, cela reste bien en dessous de la limite réglementaire des 87 V/m autorisés.

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