Linky : des expertises scientifiques démentent les craintes soulevées par les opposants

Rédigé par Thierry Legrand | Le 20 mars 2017 à 00:00
Linky ; ANSES : ANFR ; Bernard Lassus ; André Aurengo

Installé sur le territoire français depuis un peu plus d'un an, le nouveau compteur communicant Linky bénéficie d’une couverture médiatique importante. La contestation reste pourtant minoritaire, si l’on en juge par le très faible taux de communes (moins de 1 %) opposées à son installation... Et les dernières expertises scientifiques remettent en cause les arguments des anti-Linky.

Avec déjà plus de 3 millions de compteurs intelligents mis en service depuis décembre 2015, Enedis (ex-ERDF) est bien partie pour atteindre son objectif d'équiper les 35 millions de foyers français d'ici fin 2021. Chaque jour, l'opérateur assure la pose de 17 à 18 000 boitiers et devrait même monter jusqu'à 35 000 par jour en 2018 et en 2019. Si le compteur dispose d’atouts évidents pour le consommateur (meilleure maîtrise de la consommation individuelle, facturation sur les consommations réelles,…), ses opposants l'accusent principalement d'exposer les ménages à des dangers pour la santé, à cause des ondes électromagnétiques qu'il émet. Or, les dernières études de l'ANSES (Agence Nationale Sécurité sanitaire Alimentation Nationale), de l'ANFr (Agence nationale des fréquences) et du CRIIREM (Centre de recherche et d'information indépendant sur les rayonnement électromagnétiques) ont toutes conclu à l'innocuité des ondes émises par Linky, comparables à d’autres équipements domestiques.

Des craintes démenties par les études scientifiques

« Les niveaux d'exposition sont très inférieurs aux valeurs limites d'exposition réglementaires, souligne l'ANSES dans un avis rendu public le 15 décembre 2016. Les conclusions de l'agence [...] vont dans le sens d'une très faible probabilité que l'exposition aux champs électromagnétiques émis puisse engendrer des effets sanitaires à court ou long terme. » Même son de cloche du côté de l’ANFr. Son directeur général, Gilles Brégant, s’exprimait à l’Assemblée nationale le 23 février 2017 : « on considère que la contribution du Linky à l’exposition électromagnétique dans les foyers est très faible. Pour nous, ce n’est pas vraiment un sujet, en termes d’experts d’exposition électromagnétique. ». Et André Aurengo, médecin et universitaire, d’ajouter qu’il est scientifiquement impossible, dans tous les cas, de conclure au risque zéro.

Autre sujet de discorde pour les opposants : la capture et la transmission des données du consommateur, à la manière de Big Brother. Là encore, plusieurs organisations et institutions reconnues ont démenti ces craintes, comme la Ligue des droits de l’homme et la CNIL (Commission nationale de l'informatique et des libertés). L’Autorité française de contrôle en matière de protection des données personnelles a encadré les conditions de déploiement du compteur. Par exemple, les compteurs Linky seront paramétrés pour enregistrer « en local » (c'est-à-dire que les données ne quitteraient pas le domicile de l'abonné), et « pour une durée maximale d’un an ». Selon Joanna Masson, juriste à la CNIL, la courbe de charge (autrement dit la représentation graphique de l’évolution de la consommation d’énergie) « est transmise aux tiers uniquement avec le consentement de la personne concernée. Il n'y a donc pas de collecte par défaut ».

Un vent anti-progrès souffle sur Linky

Aujourd’hui en France, si 336 communes s’opposent encore à l’installation du compteur Linky, « il y a des régions entières où le problème de mise en place du compteur ne se pose pas », comme le constatait à l’Assemblée nationale le 23 février dernier, Bernard Lassus, directeur du programme Linky chez Enedis.

À l’heure actuelle, les marges de manœuvre des opposants semblent faibles. D’une part parce que le maire de ces municipalités ne peut pas interdire l’installation du compteur, obligatoire depuis la loi de transition énergétique d’août 2015. D’autre part, Enedis a l’obligation, selon le code de l’énergie, d’« exercer les activités de comptage pour les utilisateurs raccordés à son réseau, en particulier la fourniture, la pose, le contrôle métrologique, l’entretien et le renouvellement des dispositifs de comptage ».

L’opposition anti-Linky semble être pour l’instant un problème très franco-français. En effet, l’on ne sache pas que l’installation de compteurs communicants a rencontré une telle opposition dans d’autres pays. Et la mise en place de ce compteur nouvelle génération est désormais terminée depuis 2014, dans quatre pays européens :  Finlande, Italie, Espagne et Suède. En Grande-Bretagne, l’installation du compteur a déjà permis à chaque foyer d’économiser en moyenne 90euros par an. En France, une étude expérimentale du CNRS a révélé que le suivi de la consommation via Linky permet de diminuer la facture d'électricité de 23 % en moyenne. Une façon aussi de lutter contre le gaspillage d’énergie, et préserver l’environnement.

On le voit, les obstacles dressés contre le déploiement du compteur Linky sont surtout révélateur d’une phobie à l’égard des nouvelles technologies, quand bien même des études très sérieuses (ANFr, ANSES,…) montrent que ces critiques sont, à l’heure actuelle, dénuées de tout fondement.

0 Commentaire(s)
    Aucun commentaire pour le moment, soyez le premier !

    Laisser un commentaire