La technologie smart grid gagne à être davantage connue

Rédigé par Julien Jormot | Le 20 novembre 2013 à 11:16
smart grids débat contre vérité pédagogie

Sociologue, fondateur d'Eranos et chercheur à l'Université Paris Descartes, Stéphane Hugon s'interroge. La technologie smart grid lui semble à certains égards trop complexe, déconnectée des préoccupations des consommateurs. Les smart grids, un "caprice" d'ingénieurs ? Pas si sûr.

Des contre-vérités contre-productives 

Pour appuyer son propos, Hugon déclare : "Actuellement, les smart grids se retrouvent au centre de deux mondes, qui ne se comprennent pas ou peu : les habitants et les ingénieurs. L’impératif est aujourd’hui de trouver des interfaces de langage commun aux deux univers." Point sur lequel on ne peut pas lui donner tort. La technologie smart grid souffre encore d'un certain manque de pédagogie. Absconse, elle est peu comprise par les consommateurs, qui ont du mal à en percevoir les intérêts réels. L'exemple de Linky est à cet égard, en France, le plus criant.

Le compteur-communiquant d'ERDF, déjà installé dans plus de 300 000 foyers français, et dont l'ambition première est de permettre de consommer mieux (plus propre) et moins, a ainsi été perçu par une partie de l'opinion comme un instrument à la solde d'un hypothétique Big Brother. Défaut de communication ? A n'en pas douter. Comment expliquer sinon qu'une avancée aussi positive ait été autant décriée ?

Le manque de visibilité des Français sur les bienfaits de cette technologie entraîne une certaine confusion quant aux raisons de son émergence. Stéphane Hugon toujours, avance que "plus l'homme aura la main sur un système de plus celui-ci sera à son image, compris, malléable et adaptable".

Le sociologue reproche ici en creux aux smart grids de retirer aux consommateurs une certaine part de libre arbitre. C'est pourtant exactement le contraire que cherche à faire cette technologie. Il n'a jamais été autant question de remettre les consommateurs au centre des enjeux, en leur permettant de piloter avec finesse leur consommation, d'avoir la mainmise sur elle.

Stéphane Hugon ajoute ensuite : "c’est par le collectif que la pratique consommatoire peut évoluer. Après avoir prôné l’individualisme, source d’ennui, d’isolement, voire de désenchantement, les Français ressentent le besoin de recréer du lien social, de s’enraciner à nouveau dans leur environnement, de se retrouver autour de projets communs".

L'argument du "repli sur soi" est lui aussi vite balayé. Si les smart grids ont effectivement été pensés pour permettre à tout un chacun de réaliser des économies, ils ont aussi et surtout été confectionnés pour favoriser le recours aux énergies renouvelables, souvent propres, dans le bouquet énergétique. Quelle cause plus fédératrice que la diminution de l'empreinte écologique? Autrement dit, que la préservation de notre planète ?

Les contre-sens émis à l'encontre des réseaux intelligents ont au moins un mérite : ils montrent que les acteurs de ce microcosme ont encore beaucoup à faire en termes de pédagogie pour démontrer l'intérêt d'une technologie toujours trop opaque aux yeux des consommateurs.  

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