Intégration des EnR : une nécessité de plus en plus prégnante (1/4)

Rédigé par Julien Jormot | Le 20 février 2015 à 09:16
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Le choix de la France de se tourner significativement vers les énergies renouvelables dans les prochaines années pose la question de l'intégration de ces dernières dans le réseau électrique. Comment injecter efficacement ces énergies souvent intermittentes, aux sources très localisées ? Quels sont les acteurs de l'énergie en ayant la responsabilité ? Dans quel cadre normatif ? Quelles sont les retombées économique d'un tel chantier ? C'est à ces questions que nous allons tenter de répondre dans les prochains jours. Le premier volet de cette série consacrée à l'intégration des EnR dans le réseau se propose de revenir, en guise d'introduction, sur les objectifs de la France en termes d'EnR. 

Adoption de la loi Macron par la procédure de l’engagement de responsabilité, débats sur la Réforme Territoriale, l’actualité législative est riche en ce début d’année. Mais c’est une autre loi qui pourrait faire basculer la France vers la voie du changement, celle de la transition énergétique pour la croissance verte, actuellement en discussion au Sénat.

Portée par la Ministre de l’Ecologie Ségolène Royal, cette loi, qui se veut l’un des grands moments du quinquennat selon ses propres mots, vise un triple objectif ambitieux: réduire la facture énergétique de la France, favoriser la création de milliers d’emplois verts et diversifier le mix énergétique, axe fort du projet.

La lente ascension des énergies renouvelables en France

Il ne faut pas l’oublier, la France a été l’une des pionnières en matière d’énergie renouvelable et ce dès les années 1980. Par la suite le secteur du nucléaire s’est fortement développé, est devenu un savoir faire français et s'est imposé comme l'énergie phare du pays.

Cependant la prise de conscience s’est opérée lentement. Les questionnements sur l’avenir des déchets nucléaires et les différentes catastrophes ont conduit à orienter les pratiques vers les énergies non fossiles et renouvelables. 1997 marque le début des objectifs chiffrés avec le protocole de Kyoto pour la réduction des émissions de gaz à effets de serre. Dix ans plus tard, le Grenelle de l’Environnement, conduit par le Ministre de l’Ecologie de l’époque Jean-Louis Borloo, avait donné de nouveaux objectifs pour faire émerger les énergies renouvelables se traduisant par les lois Grenelle 1 et 2.

Aujourd’hui, en France, le secteur des énergies renouvelables se découpe principalement entre quatre sources : l’éolien, seule source dont le Grenelle de l’environnement fixe l’objectif à 10% de la production d’électricité en 2020 ; le photovoltaïque ; l’hydraulique qui représente à l'heure actuelle 70% des énergies renouvelables ; et la filière bioénergies, regroupant les installations fonctionnant à partir de déchets ménagers, de biogaz, de bois et de biocombustibles.

L’ensemble pèse 19,5% de la consommation énergétique française, soit une augmentation de six points en l’espace de deux ans. Mais désormais la France est ambitieuse et souhaite aller plus loin.

Aller plus loin dans le développement des énergies renouvelables

Ayant raté ses objectifs européens de 2010, la France veut désormais apparaître comme un bon élève vis-à-vis des autres pays. L’objectif de la loi de transition énergétique est donc très ambitieux et va s’opérer en deux étapes. Tout d’abord il s’agit d’amener la part des énergies renouvelables à 23% de l’ensemble de la consommation en 2020, puis 32% à l’horizon 2030. Bien évidemment tout un arsenal de mesures sera disponible pour atteindre les objectifs notamment en matière de financement et où l’ensemble des parties prenantes, citoyens, collectivités territoriales et entreprises, sont concernées.

Il s’agira donc de développer fortement les sources existantes mais aussi de réfléchir à de nouvelles techniques de production d’énergies renouvelables. Cette mise en action a d’ailleurs débuté avec les différents projets de champs éoliens en mer qui verront prochainement le jour sur les côtes françaises. Mais c’est aussi la possibilité de redécouvrir des installations qui avaient été mise de côté ces dernières années comme par exemple la centrale hydraulique du barrage du Pont Rolland à Hillion (Côtes d’Armor), inutilisée depuis 4 ans, qui pourrait retrouver une seconde jeunesse grâce au projet de loi.

Mais la seule création des capacités d’énergies renouvelables ne suffit pas, il faut bien évidemment qu’elles soient utilisées. Pour cela le raccordement de ces énergies au réseau traditionnel est indispensable, cet objectif étant imparti aux deux filiales d’EDF, RTE pour les réseaux de hautes et très hautes tensions et ERDF pour les réseaux de plus basses tensions, c'est à dire essenitellement pour le raccordement à l'utilisateur final. 

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